L'entretien du logement et la responsabilité des locataires

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L'état du bien avant la mise en location

Normes et sécurité

Tous les biens mis en location doivent répondre à des conditions minimales en termes de sécurité, de salubrité et d'équipements élémentaires.

Cela inclut :

  • au niveau de la sécurité : stabilité du bâtiment, électricité, gaz, chauffage, égouts ;
  • au niveau de la salubrité : humidité, parasites, éclairage, ventilation, surfaces minimales, hauteur des locaux, accès au logement ;
  • au niveau des équipements élémentaires : eau froide/chaude, WC, installation électrique, chauffage, équipement de cuisson, détecteurs de fumée.

Par ailleurs, le bailleur doit fournir un bien en bon état de réparation et d'entretien à ses locataires.

Maintien du logement en bon état

Responsabilités du bailleur et du preneur vis-à-vis du bien

Afin de veiller au maintien en bon état du bien au cours de l'occupation, chaque partie a des responsabilités distinctes :

  • les locataires doivent entretenir régulièrement la maison ou l’appartement loué.

Certaines réparations courantes et petits remplacements sont à leur charge.

  • d’autres réparations et entretiens incombent au propriétaire.*

Le plus souvent, si c'est lié à des parties structurelles du bâtiment loué.

Existe-t-il une liste officielle pour m'aider ?

Oui. Pour déterminer plus facilement qui du preneur ou du bailleur est responsable, le Gouvernement bruxellois a prévu une liste des principales obligations de réparation et d’entretien à charge du locataire ou du bailleur.

Cette liste est officielle et impérative. Les parties ne peuvent pas déroger à cette répartition.

Tu peux consulter la liste via le lien suivant.

Est-ce que le bail peut prévoir d'autres choses ?

Oui. Le bail peut prévoir certaines clauses qui déterminent à quelle partie appartiennent ces charges d’entretien et de réparation. Ces clauses sont tout à fait valables et peuvent prévaloir sur ce qu’a prévu la loi. 

Il convient donc de lire attentivement son bail et de ne pas accepter n’importe quoi.

Quelles sont les réparations et entretiens à charge des locataires ?

La loi prévoit que les locataires doivent effectuer les réparations dites « locatives ».

Ce sont des petites réparations, courantes, qui sont en relation directe avec l’utilisation quotidienne du bien.

Parmi ces réparations, il y a :

  • les petites réparations électriques : remplacer les ampoules, les piles ;
  • en plomberie : détartrer les robinets, nettoyer les joints et filtres, réparer la chasse cassée du WC ;
  • cirer ou huiler le parquet ;
  • huiler les serrures ou les clés ;
  • les peintures et l’entretien des châssis intérieurs.

Le coût de la réparation des dégâts causés par les locataires sont à leur charge. C'est ce qu'on appelle les « dégâts locatifs ».

L'entretien de la chaudière est-il à charge des locataires ? Et l'entretien du jardin ?

Oui. Certains entretiens sont obligatoires et doivent être faits tous les ans (ou tous les 2 ans) par des spécialistes :

  • l'entretien régulier et le contrôle périodique de la chaudière et/ou du chauffe-eau ;
  • le ramonage des cheminées ;
  • s’il y a un jardin et/ou une terrasse, la tonte de la pelouse et l’entretien de ceux-ci.

Enfin, les locataires ont l’obligation de maintenir le logement en bon état de propreté et de procéder au nettoyage avec des produits adaptés.

L'usure normale, c'est quoi ?

La loi tient compte de l’ « usure locative normale ». C'est une usure qui survient malgré une utilisation correcte et consciencieuse du bien loué et de ses équipements.

À la sortie, si le propriétaire tente, par exemple, d’obtenir des locataires le remplacement des tapis de sol, ainsi que le renouvellement des peintures, ceux-ci peuvent refuser en invoquant l’usure locative.

Quelles sont les réparations et entretiens à charge des propriétaires ?

Les propriétaires doivent effectuer tous les gros entretiens et réparations nécessaires au maintien des lieux dans de bonnes conditions locatives.

Parmi ces réparations, on retrouve :

  • les peintures des châssis extérieurs ;
  • le remplacement des papiers peints et de la peinture murale ;
  • le remplacement ou la réparation d’une chaudière ou d’un boiler si les locataires ont réalisé les entretiens annuels ;
  • tout dégât indépendant de la responsabilité des locataires.

Les bailleurs se chargent également de tous les travaux et réparations dus à la vétusté, l'usure normale et la force majeure.

Comment obtenir la réalisation des réparations nécessaires à charge des propriétaires ?

Il est tout à fait normal d’exiger au propriétaire d'effectuer les réparations qui lui incombent.

La première étape est évidemment de le prévenir des travaux à effectuer dans le logement, par écrit ou de vive voix.

Mise en demeure en cas de non-exécution

Sans réponse de sa part (malgré plusieurs rappels) ou en cas de refus d’effectuer les travaux nécessaires, l’étape suivante est l'envoi d'une « mise en demeure » par lettre recommandée.

La « mise en demeure » est un dernier rappel écrit invitant formellement la partie adversaire à exécuter son obligation dans un délai fixé.

Dans une « mise en demeure » doivent être précisés :

  • la nature des travaux à effectuer ;
  • éventuellement, un devis fourni par un·e professionnel·le ;
  • une échéance pour permettre au propriétaire d’apporter une réaction positive (15 jours ou 1 mois, généralement) ;
  • une précision quant à la procédure prévue après l’envoi de la mise en demeure.

En cas de mutisme de la part du propriétaire, le locataire peut réagir de plusieurs manières.

Seconde mise en demeure

Une première solution consiste à faire évaluer le montant des travaux par des professionnel·les. Le locataire envoie le devis au propriétaire, accompagné d’une nouvelle « mise en demeure ». Sans réaction positive du propriétaire, le locataire fait effectuer les travaux à ses frais. Il envoie, par la suite, la copie de la facture au propriétaire.

Justice de paix

L’autre solution est d’entamer une procédure en justice de paix. Le locataire peut le faire avec l’aide d’un·e avocat·e, mais il peut aussi le faire seul. Dans ce cas, il lui est conseillé de rencontrer auparavant un·e juriste pour s’informer de la procédure à suivre.

Comment savoir si mon logement est insalubre ?

Les habitations qui ne respecteraient pas les exigences en matière de sécurité, de salubrité ou d'équipements élémentaires risquent d’être interdites à la location.

Par exemple, un logement pourrait être considéré comme non conforme dans les cas suivants :

  • problème d'humidité : traces d'humidité sur les murs ou sur le plafond qui affectent la qualité de l’air et peuvent nuire à la santé ;
  • problème d'électricité : l'installation électrique ne fonctionne pas correctement et/ou ne répond pas aux normes de sécurité ;
  • problème de salubrité : présence de champignons, parasites, insectes, rats ;
  • manque de sécurité : risque d'incendie, d'effondrement, etc. ;
  • etc.

Plainte pour non conformité

Si le logement que tu loues présente de graves défauts et que tu as déjà sollicité ton bailleur à de maintes reprises (sans réaction de sa part), tu peux déposer plainte auprès de Bruxelles Logement via la Direction Régionale de l’Inspection du Logement (DIRL).

Si le logement présente des risques réels et sérieux pour la sécurité des locataires, il pourrait être interdit immédiatement à la location. Par conséquent, tu devras déménager.

Puis-je arrêter de payer le loyer si le bailleur ne réalise pas les travaux nécessaires ?

Non. Attention, dans aucun cas, les locataires ne peuvent arrêter de payer le loyer, c'est leur obligation essentielle.

Il existe, malheureusement, beaucoup d’exemples où des locataires, qui vivaient de graves problèmes avec leur propriétaire, ont dû quitter leur logement sous décision judiciaire (à leurs torts) parce qu’ils avaient interrompu le paiement de leur loyer.

Puis-je rompre le bail immédiatement si le bailleur ne réalise pas les travaux nécessaires ?

Non. Les locataires ne peuvent pas décider de quitter le bien sans préavis, ni indemnités.

Tu as, néanmoins, toujours la possibilité de rompre le bail valablement avec un préavis.

 

*Dans cette fiche d’info, l’utilisation du genre masculin a été adoptée (lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser un langage inclusif) afin de faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire.