L’avis du psy: « Souvent, le harceleur est persuadé qu’il est harcelé lui-même » (Jean-Claude Maes, PREFER asbl)

J’ai rencontré Jean-Claude MAES, psychologue, thérapeute familial systémique, auteur de nombreux ouvrages dont ‘Liens qui lient, liens qui tuent’ ou ‘Se protéger du radicalisme’.  Jean-Claude MAES est également le fondateur de PREFER asbl (Prévention, Recherche et Formation: Emprise et Résilience). Il est aussi mon professeur, car j’ai l’énorme chance de suivre la formation  qualifiante ‘La Psychothérapie de l’Emprise et/ou la Prévention des Polarisations et des Radicalisations’

Jean-Claude est donc très bien placé pour nous expliquer en profondeur les questions autour des emprises et leurs dérives, que ce soit au niveau des sectes, des radicalisations ou du harcèlement moral.

Marlene: Bonjour Jean-Claude! Comment expliquerais-tu le phénomène du harcèlement?

JC : La vraie question posée par le harcèlement, ce n’est pas pourquoi un jeune homme ou une jeune fille se met à harceler et à faire preuve de violence morale vis-à-vis d’autrui, mais plutôt pourquoi la victime met-elle tellement de temps pour commencer à réagir et à se dérober ? On dirait qu’il faut que les choses aillent vraiment très loin pour que la victime se rende compte de ce dont elle est victime, et imagine de réagir. C’est en cela que la question du harcèlement moral recoupe la question des dérives de l’emprise.

M: Peut-on donc dire que la victime est sous une emprise?

JC : Oui. Et il y a en réalité deux types d’emprise : une emprise normale et une emprise déviante. La première constitue le lien et est naturelle, puisque l’être humain est un être grégaire, qu’il noue des liens avec ses semblables, et que la composante principale de ces liens, c’est l’emprise. Ce n’est donc pas l’emprise en elle-même qui pose problème, mais bien sa dérive qui rend le lien problématique, violent. Néanmoins, une série de questions autour de l’emprise et de ses dérives doivent être traitées afin de pouvoir lutter efficacement contre le harcèlement moral. Si on ne procède pas de cette façon, on donne de bons conseils aux gens, mais on ne les prémunit pas contre le fait de continuer à se laisser violenter, même si les formes prises par cette violence sont différentes.

M: Que se passe-t-il dans la tête des harceleurs?

JC: Il y a énormément de harceleurs qui portent plainte pour harcèlement contre leurs victimes. La victime commence à réagir, et à ce moment-là le harceleur dit que c’est lui qui est harcelé. Ce qui n’aide pas c’est qu’au niveau judiciaire, on parle là souvent de ‘conflit’ au lieu de ‘harcèlement’. Et du coup, souvent ces gens sont envoyés chez un médiateur. Mais là, le harceleur va instrumentaliser la médiation pour continuer à harceler sa victime en se servant du médiateur!

La question que je me pose lorsque je reçois des victimes de harcèlement, est celle de la portée préventive de mes propositions de réaction. Qu’est-ce qui fait que cela va vraiment s’arrêter ? Une partie de la question, c’est de se demander où est l’emprise, afin de pouvoir la dénouer, et non de se dire que toute emprise est un problème en soi. Il faut juste résoudre le problème qui s’est développé dans le cadre d’une emprise, et qui aurait bien pu ne pas se développer aussi.

M: Comment fonctionne le harcèlement à l’école?

JC:  Dans un groupe scolaire, il y a un esprit de groupe. Des copains, des condisciples vont constituer un groupe, un tissu social,  un ‘maillage de liens’. Le problème survient si un des membres de ce groupe commence à se servir de ce tissu pour faire violence à un autre membre. En pratique, on voit l’émergence d’un certain nombre de comparses. On n’est donc pas juste en présence d’un harceleur et d’un harcelé. On dit même qu’il y a toujours au moins deux catégories de comparses. Tout d’abord, ceux qui participent activement au harcèlement, parce qu’ils y trouvent un bénéfice. Ils ne le feraient jamais par eux-mêmes, mais ils se sentent justifiés de le faire parce qu’ils suivent le meneur du jeu. Ensuite, il y a les autres complices : ceux qui disent qu’ils veulent rester neutres, et ne pas s’en mêler. Quelque part, si l’on se place du point de vue du harcelé, cette neutralité brouille les cartes, car elle donne au harcelé l’impression qu’il est en train de rêver ce qui lui arrive, qu’il exagère. De toute façon, tout le monde lui dit qu’il exagère, que le harceleur est un peu agressif peut-être, mais que ce n’est pas dramatique… Finalement, il y a peu de gens qui osent défendre le harcelé, ne serait-ce que parce qu’ils ont peur de se trouver à un moment donné dans le collimateur du harceleur. Ceci fait que le harcelé est de plus en plus seul face à tout un groupe.

La seule façon de bien comprendre les enjeux d’un harcèlement, c’est de se rendre compte que la plupart du temps, il ne se limite pas à deux personnes. Y compris dans un couple, autour duquel il y a toujours des parents, des amis, toute une série de gens qui y participent. Parfois volontairement, mais la plupart du temps involontairement, par cette position de neutralité. Cela veut dire que si le harcelé a un lien avec le harceleur, et qu’il existe donc bien une emprise du harceleur sur le harcelé, il y a d’abord de nombreux liens au sein du groupe qui se renforcent les uns les autres, l’emprise du harceleur sur le harcelé est d’abord l’emprise du groupe sur chacun de ses membres. Sauf peut-être sur le harceleur qui, lui, arrive à se dégager de cette emprise, raison pour laquelle il se permet à l’égard de certains membre du groupe une violence que les autres ne se permettraient pas. Quoi qu’il en soit, le harcelé se trouve seul et de plus en plus isolé. Il croit qu’il est le seul à penser qu’il souffre de harcèlement, car personne ne vient lui dire : « C’est vrai, le harceleur est violent avec toi, il faudrait faire quelque chose, te tourner vers une autorité par exemple ».

M: Que faire si on est victime de harcèlement scolaire?

JC:  A l’école, il faudrait en référer aux éducateurs, aux professeurs, au directeur, en parler à tes parents… Mais parfois, on va découvrir des complicités inattendues. Par exemple, quand on tombe sur un éducateur qui pense qu’en fait c’est un conflit entre gamins, et qui va fermer les yeux sur ce qui se passe – ne serait-ce que parce qu’il n’a pas envie de trop s’impliquer. Autre exemple : une direction va trouver que cela fait désordre dans l’école, et va jusqu’à renvoyer, non pas le harceleur, mais le harcelé, éventuellement sous couvert de le protéger !

M: Et que font les parents?

JC:  L’attitude des parents n’aide pas forcément. Première possibilité : ils entendent l’enfant ou l’adolescent et vont en parler à la direction, laquelle va parfois très bien les accueillir, mais parfois très mal. La réponse qui leur sera faite est souvent la suivante : « Le harcèlement, cela n’existe pas dans notre école ! ». Deuxième possibilité : ils engueulent leur gosse parce qu’ils estiment que si le jeune se trouve dans cette position-là, c’est parce qu’il ne s’y prend pas bien. Qu’il n’est pas sympa avec ses copains, qu’il se laisse faire, qu’il est faible… Bref, ils trouvent des tas de raisons pour expliquer le harcèlement qui vont dans le sens d’une banalisation de la violence.

Le propre du harcèlement, et cela est inclus dans l’étymologie du mot, c’est que c’est un phénomène très répétitif. Ce sont des petites violences répétées, et attendues avec de plus en plus d’angoisse.

M: …cette violence est donc sournoise et quasi invisible aux autres ?

JC: Cela peut être presque invisible, mais le harcelé a droit à toutes les séquences, toutes les répétitions alors que les témoins ne perçoivent que quelques petites séquences. Par exemple, ils sont témoins d’une séquence au cours de laquelle, en effet, ils vont trouver que le harceleur est un peu agressif. Après quoi, si l’on s’adresse à l’agresseur, celui-ci pourra dire : « Oui, mais je ne fais que me défendre ! » Ce qu’il faut comprendre aussi avec les harceleurs, c’est qu’ils ont une conviction quasi délirante d’avoir raison et d’être victimes.

M: Et là on revient à ce que tu as dit plus tôt: le harceleur prétend souvent que c’est lui qui est attaqué par le harcelé.

JC:  Quand on interroge le harceleur, effectivement, c’est ce qu’il dit. Il dit qu’il ne fait que réagir à la violence de la victime.

M: Donc, le harceleur ne sait vraiment pas qu’il harcèle? C’est incroyable, ça!

JC:  C’est difficile à dire, car les harcelés, on les a beaucoup en thérapie, alors que les harceleurs, on ne les voit pas. C’est donc difficile de savoir ce qui se passe dans la tête d’un harceleur, mais tout porte à penser à partir des études du phénomène sectaire ou du radicalisme qu’il y a une forme de délire. Pas un délire du genre : « Je me prends pour Napoléon ou Jésus ». C’est plus discret, mais c’est un délire. C’est la conviction que, quoi qu’il arrive, il est victime. Voici un exemple très caricatural : quelqu’un tabasse sa femme, et à l’issue de ce tabassage, l’agresseur se présente comme la victime de cette femme qui a « exercé une violence morale incroyable ». Il minimise sa propre violence, et dramatise la violence de l’autre. Il se peut que la victime, à un moment donné, ait été de mauvais poil, ou n’ait pas répondu à une demande du harceleur et que le harceleur l’ait mal pris. Il s’est du coup senti agressé et il a contre-agressé. Ensuite, à un moment donné, la victime essaye de se défendre, mais chaque fois le harceleur y voit la preuve que c’est le harcelé qui ‘attaque’. Il y a donc bien une dimension délirante. Ce n’est pas psychotique, mais c’est la conviction totale d’avoir raison.

Pour les témoins, c’est déstabilisant. Ils voient d’un côté le harcelé qui pense qu’il est harcelé, qu’il est victime d’une violence mais qui, malgré lui, conserve une espèce de doute. Et de l’autre côté, le harceleur qui affirme qu’il est victime, et qui en exprime la certitude ! Face à cette certitude, à cette conviction délirante, le témoin finit par déclarer forfait et dire : « Moi, je ne connais pas toute l’histoire de cette relation ». Actuellement, on assiste aussi à une habitude de facilement tout interpréter en termes de ‘conflit’. Or, il n’y a pas de conflit dans le harcèlement, car la violence n’y est pas réciproque, et le conflit c’est réciproque, c’est une relation égalitaire. Le harceleur étant persuadé dans son délire qu’il est victime, il va se montrer violent avec l’autre, et grâce à son absolue conviction, va arriver à convaincre les autres de la légitimité de cette violence.

M: Et ça, tu le constates lors de chaque cas de harcèlement?

JC:  Il y a des situations qui se limitent à deux personnes, mais celles-là sont les plus faciles à dénouer. Ce qui est compliqué, c’est quand le harceleur a une conviction délirante et que cette conviction est appuyée par le fait qu’on le croit, alors que, par contre, la personne harcelée, qui n’a pas cette conviction délirante et qui doute, on a tendance à ne pas la croire : la lutte est très inégale. Il faut qu’à un moment donné une goutte fasse déborder le vase pour que le harcelé se dise : « Non, je ne rêve pas. Ce n’est pas dans ma tête que ça se passe ! » Ou qu’il se mette à craquer avec violence… Il m’est déjà arrivé de recevoir des gens en craquage complet, dépression nerveuse ou burnout, etc. Mais quand ils m’expliquent la situation qui les a conduits à cet état, je ne peux que leur dire : « Mais attendez, ce dont vous êtes victime, c’est un harcèlement ». Si la victime ne s’en rend pas compte, c’est parce qu’elle s’est aussi peut-être dit que c’était cela qui lui arrivait, mais que personne ne l’a crue. Tandis que le harceleur, on le croit… Cela devient un délire collectif où le harceleur met de plus en plus de force dans les coups portés au harcelé. Alors, au fil du temps, le harcelé s’affaiblit, et plus il s’affaiblit, plus il doute, et moins il est capable de se défendre. Ou alors il connaît lui-même des craquages agressifs, parfois devant des témoins, qui diront : « C’est lui qui est violent ! »

Ce qui va se passer pour les témoins qui débarquent, c’est que le harceleur va faire une remarque anodine qui met le couteau dans la plaie du harcelé. La victime va réagir de façon très agressive et pour le témoin, il aura l’air, dès lors, d’exagérer. Parce que le témoin ignore toutes les séquences qui se sont succédées et que là, c’est un épisode parmi des centaines d’autres. Donc pour le témoin, la victime a l’air de réagir très fort à quelque chose qui semble assez anodin.

M: Je reconnais ce que tu racontes, je revois des scènes à l’école, mais aussi au travail. Le harcèlement est présent partout, à tous les moments de la vie.

JC:  Oui, c’est fréquent. Alors ce qui est compliqué aussi, c’est qu’on imagine le harceleur comme quelqu’un de très malin, de machiavéliquement intelligent… et le harcelé comme quelqu’un de faible. Mais dans les faits, on constate que le harceleur n’est pas si malin que ça. La victime, par contre, n’est que rarement la personne faible qu’on s’imagine. Et cela aussi donne du crédit au harceleur : on a donc du mal à croire qu’une telle personne se fasse harceler… ce n’est pas la personne fragile que l’on s’imaginait.

M: Existe-t-il un profil de personne à risque de se faire harceler? Y a-t-il des comportements…?

JC:  Il n’y a pas vraiment de profil, mais il y a des causes. Une cause toute bête, c’est ‘la faute à pas de chance’. Quand on est dans collimateur d’un harceleur, on ne l’a pas forcément cherché. Et on peut très bien avoir ‘le profil’ et ne jamais tomber sur un harceleur. En cherchant un profil de victime potentielle, on pourrait déplacer la responsabilité et la culpabilité du harceleur vers le harcelé. Il y a des profils plus susceptibles que d’autres de se faire ramasser, mais ce ne sont pas des personnes faibles ou fragiles, bien qu’on connaisse des situations, dans des écoles, avec des souffre-douleurs… Mais quelque part, la jouissance du harceleur est beaucoup plus grande quand il démolit quelqu’un qui lui est supérieur que quand il démolit une pauvre petite chose, car c’est alors trop facile ! Souvent on voit que le harcelé est très supérieur au harceleur à plein de niveaux.

M: Et du coup, le but du harceleur c’est de démolir quelqu’un?

JC:  C’est difficile de dire quel est le but du harceleur, puisqu’on ne les a pas en thérapie. Est-ce conscient ou pas ? En tous cas, il y a un jeu violent, et chez les plus pervers des harceleurs, il y a une dimension destructrice. Ce qui caractérise les harcelés, ce sont leurs qualités. Ce sont des gens qui peuvent s’engager dans un lien, s’investir, qui sont capables de générosité, qui ont parfois des idéaux… Cela pourrait commencer par exemple par le fait de rendre service au harceleur, puis le harceleur en redemande, et à un moment donné le futur harcelé dit : « Ça suffit, j’ai déjà donné beaucoup ». Le harceleur ne supporte pas que les dons s’arrêtent et n’imagine pas une seconde qu’ils puissent aussi aller dans l’autre sens et qu’il y ait un contre-don. Il trouve normal de recevoir et ne veut pas que les dons s’arrêtent. Et c’est éventuellement là que cela va commencer.

Face au harcèlement, même des gens costauds ont du mal à s’en sortir. Même des gens avertis ont du mal ! Et c’est pour cela qu’on conseille aux gens harcelés de prendre un temps de congé de maladie. De prendre du temps pour se remettre.

M: Ce qui ne se fait pas trop à l’école.

JC: Ce qui est compliqué dans le harcèlement scolaire, car on ne met pas les élèves en congé de maladie, on les change d’école. Ce qui est très dur, c’est qu’en les changeant d’école, ça donne l’impression que c’est eux qui sont problématiques. Ce n’est pas le harcelé qui devrait changer d’école, mais le harceleur qu’on devrait exclure.

M: Est-ce vraiment courant, qu’on demande à une personne harcelée de quitter l’école?

JC: On conseille aux parents de le faire, pour protéger l’enfant. Mais d’un autre côté, c’est comme si c’était lui qui était puni. Au niveau préventif, il y aurait beaucoup de choses à faire. Notamment de faire un travail autour pour que l’enfant ou le jeune ne se sente pas coupable de ce qui se passe. Qu’il n’ait pas l’impression qu’on l’exclut, qu’on le punit. Et il ne suffit pas de le dire. Il faut se rendre compte que le moment où le harcèlement commence à apparaître aux intervenants, la situation est déjà loin, et donc le harceleur a eu le temps de convaincre le harcelé que tout est de sa faute.

Un psychiatre français parle de la ‘rétorsion’, qui consiste à dire à la victime: « Tu as intérêt à te taire, parce que si tu parles, c’est toi qui auras des problèmes, ce n’est pas moi. » Et cela se vérifie… et donc le piège se referme.

M: Chez Bruxelles-J, il nous arrive de recevoir des demandes d’aide de jeunes qui sont harcelés. Qu’est-ce tu leur conseilles?

JC:  Le premier impératif, c’est que le jeune sorte de sa solitude. Il faut qu’il y ait une équipe autour qui soutienne. Il faut qu’il y ait une intervention d’une autorité, et qui soit efficace en évaluant correctement la situation. Le problème avec les intervenants extérieurs, c’est qu’ils n’ont aucune autorité sur les élèves. Les directions ont tendance à s’en remettre à des intervenants extérieurs, tandis qu’il faudrait qu’elles fassent elles-mêmes le nécessaire tout en se faisant aider par des personnes extérieures. Idéalement, les experts externes devraient être là pour superviser l’équipe pédagogique, afin de lui permettre d’intervenir.

Le souci, c’est qu’une équipe pédagogique a parfois été involontairement complice, et n’a pas toujours envie de se remettre en question. Il y a un travail à faire pour que des intervenants externes viennent pour soutenir, non pas la victime, mais l’équipe pédagogique. Et si ce type d’intervention pouvait se faire plus souvent, je pense qu’il y aurait beaucoup moins de cas de harcèlement dans les écoles – tout simplement parce que les équipes pédagogiques seraient mieux formées pour affronter ce genre de situation.

De toute façon, un recours à l’autorité est nécessaire.

M: Et qu’est-ce que ton association, PREFER peut proposer?

JC:  Avec l’équipe de psychologues de PREFER asbl, nous proposons la formation et la supervision psychologique d’équipes pour la prévention des problématiques comme le harcèlement. Ceci, parce que les problèmes de harcèlement vont de pair avec les polarisations au sein des écoles. Ce ne sont pas forcément des situations de radicalisation. Il y a certes, parfois, des situations d’enfants issus de familles islamistes, ou d’extrême droite, mais le principal pour nous, c’est que les harceleurs « ont le chic » pour exploiter des thématiques existantes, et pour polariser. Par exemple : tant que tel élève donnait ses notes, le harceleur était bien content, mais à partir du moment où il ne veut plus les donner, tout à coup on se souvient qu’il est juif, et il y a un truc de l’ordre de la polarisation qui se met en place quand il se met à le traiter de ‘sale juif’.

Je ne pense pas que les jeunes soient très politisés, mais la polarisation, cela s’apprend surtout à l’école. Et plus tard, cela va donner autre chose. Je pense donc que si on fait un bon travail de prévention pour réduire le harcèlement, on fait de la prévention de la polarisation aussi et donc, à moyen termes, des radicalisations.

M: Merci beaucoup !

Marlene Nuhaan
Bruxelles-J

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