Orientations sexuelles et romantiques : on parle de quoi ?
Hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, pansexualité, aromantisme, asexualité... il existe une diversité d’orientations et d'attirances sexuelles et romantiques. Ici, on va parler du désir que tu peux ressentir ou non pour différentes personnes.
Il y a d’un côté l’attirance romantique ou affective (les sentiments, les émotions…) et de l’autre l’attirance physique (le désir physique, sexuel). Ces deux perspectives peuvent aller ensemble ou non. Certaines personnes pourront ressentir du désir sexuel ET romantique, d’autres du désir sexuel MAIS PAS romantique, ou l’inverse ou aucun des deux.
Et puis ces désirs ne sont pas forcément les mêmes pour tout le monde. Ils ne veulent pas forcément dire la même chose pour toi et pour quelqu’un d’autre. On n’a pas toujours les mêmes envies et la même manière de les exprimer. Si la question se pose dans ta relation, le meilleur moyen est d’en parler ensemble pour mieux comprendre ton ou ta partenaire.
Enfin, l’attirance et les désirs ne sont pas définitifs, ils ne sont pas figés dans le temps. Tu peux en prendre conscience à tout âge, te questionner, vivre des expériences. Cela ne te définit pas ni ne t’enferme définitivement dans une case. Que ce soit l’attirance romantique ou physique, elle peut rester la même, évoluer, changer au fil du temps, des rencontres, des expériences…
Une diversité d’attirances et de désirs
Notre société est encore hétéronormée. C’est-à-dire que la norme (ce qui est considéré comme ‘normal’), c’est d’être hétérosexuel·le : attiré·e par un genre différent du sien et dans une vision plutôt binaire (homme d’un côté, femme de l’autre). C’est le modèle qui est le plus représenté autour de nous. Et on peut même ajouter que cette norme privilégie les relations de couple dans lesquelles les deux partenaires sont cisgenres* et partagent une vie intime et sexuelle de manière exclusive (uniquement au sein du couple).
* Une personne cisgenre est une personne qui s’identifie au genre attribué à sa naissance. Ce qui n’est pas le cas des personnes trans, par exemple. Plus d'explications sur notre fiche "Quelle est la différence entre le sexe et le genre ?"
Il n’y a bien sûr aucun problème avec ce modèle classique mais, dans la réalité, il y a bien plus de diversité. Il existe autant de manières de ressentir et de composer les attirances qu’il existe de personnes. De manière temporaire ou non, on peut être attiré·e par un genre, un sexe, une personnalité, un corps… ou ne pas ressentir d’attirances du tout. Ce n’est donc pas parce qu’il existe un modèle plus représenté que les autres qu’il est le meilleur ou le plus légitime. Il n’y a pas un modèle unique auquel on est obligé·e d’adhérer, surtout s’il ne nous convient pas.
Pour citer quelques attirances, on peut évoquer :
- l’hétérosexualité/hétéroromantisme : attirance sexuelle/romantique pour un genre différent du sien, dans une vision plutôt binaire (homme/femme)
- l’homosexualité/homoromantisme : attirance sexuelle/romantique pour le même genre que soi, dans une vision plutôt binaire (homme/femme)
- la bisexualité/biromantisme : attirance sexuelle/romantique pour deux genres différents ou plus
- la pansexualité/panromantisme : attirance sexuelle/romantique pour une personne, peu importe son genre
- l’asexualité/aromantisme : ne pas ressentir ou ressentir peu d’attirance sexuelle/romantique.
Toutes ces attirances se situent sur un spectre comportant de nombreuses nuances et variations. On peut se reconnaître dans un ou plusieurs de ces termes, ou aucun !
Une multitude de manières de vivre ses relations et de parler de soi
Ces exemples ne sont pas les seuls qui existent. Encore une fois, il y a autant de manières de ressentir et de désirer qu’il y a d’individus. Et ce ne sont pas des définitions universelles : ces thématiques étant intimes et personnelles, elles ne veulent pas forcément dire la même chose pour tout le monde.
Même si tu n’es pas sûr·e de toi, même si ces attirances ne durent pas ou qu’elles ne s’expriment qu’une fois pour une seule personne : tu es légitime. Il n’y a pas de relations ou d’attirances supérieures aux autres.
Il y a aussi différentes manières de vivre ses relations (en couple, à deux, à plusieurs, en partageant plus ou moins d’expériences et de moments de vie…). Et un type d'attirance n'implique pas un type de relation. Tu dois juste trouver ce qui correspond à tes envies et tes besoins. L’important, c’est que toutes les personnes impliquées soient informées, consentantes et considérées. Et si ces conditions essentielles sont respectées, aucune attirance ne doit être perçue ni vécue comme quelque chose de mal, de honteux, de bizarre, d’anormal ou de pervers, comme on peut encore malheureusement l’entendre parfois.
Mais d’où viennent ces attirances sexuelles ou romantiques ?
Les attirances se déclarent souvent sans qu’on le prévoie et surtout sans qu’on le décide. Cela peut être troublant, et ce n’est pas toujours facile de comprendre tout de suite ce qui nous attire : il est possible que tu sois sûr·e de toi très tôt ou que tu n’en saches encore rien.
Dans tous les cas, on ne sait pas d’où ça vient. Pourquoi on aime le chocolat et pas les cerises, pourquoi on préfère le hockey à la piscine, pourquoi on est attiré·e par les garçons ou par les filles, pourquoi on ne ressent peut-être pas de désir… ? Tout ça est encore très mystérieux et pas tellement important.
Ces attirances ne sont pas un choix !
L’important, c’est de savoir que ce n’est pas un choix : on ne choisit pas qui nous attire, de qui on tombe amoureux ou amoureuse, qui on désire ! On ne choisit pas et il n’est donc pas possible de supprimer une attirance. Ni par sa propre volonté, ni par celle des autres personnes. On peut choisir de ne pas vivre ces attirances, de ne pas en parler, mais ça ne les fera pas disparaitre pour autant.
Sache que tu as le droit d’expérimenter autant que tu le souhaites. Mais tu dois toujours respecter ton corps, tes limites ET les limites, les choix et les envies des autres. Mais ce n’est pas une obligation d'expérimenter. Si tu n’en ressens pas l’envie, tu n’as pas besoin de ‘tester’ tes attirances ni de les ‘prouver’ à qui que ce soit. Tu n’es pas obligé·e d’essayer et de pratiquer pour être sûr·e de tes attirances. Dans tous les cas, tu es légitime même sans ‘pratiques’ ou expériences concrètes. Pour faire simple, tu n’es pas obligé·e d’avoir des rapports sexuels ou d’entamer une relation affective pour savoir avec qui tu aurais envie que cela arrive ou non.
Les idées reçues sur les orientations sexuelles et romantiques
On entend encore souvent qu'être homo ou bi, c'est ne pas être un ‘vrai homme’ ou une ‘vraie femme’. On associe alors les stéréotypes de genre (des caractères et attitudes), avec une sexualité ou des sentiments. Mais l’identité de genre et l’expression de genre n'ont pas de rapport avec nos attirances sexuelles et romantiques.
Un "effet de mode" ?
Dans les médias et sur les réseaux, on parle de plus en plus de cette diversité. Et parfois, on entend que c’est un « effet de mode », que c’est « dans l’air du temps ». Comme pour faire croire que ça n’existe pas vraiment et que ce n’est pas légitime. Mais quand on ressent une attirance en dehors des ‘normes’ ce n’est pas pour la mode.
"Une phase" ?
On lit souvent que se poser des questions sur ses attirances sexuelles et amoureuses est une étape normale pour un·e jeune. Et c’est vrai, il n’y a en effet aucun problème à se questionner. Et ces interrogations peuvent être une étape. Mais ça n'est pas obligatoirement "une phase" qui va donc forcément s'arrêter. On peut avoir conscience de nos attirances très jeune ou bien après l'adolescence. Et ces attirances peuvent évoluer ou non. Et c’est très bien comme ça. Toutes les possibilités sont légitimes et normales.
"Il faut tester" ?
On entend aussi que les gays ne peuvent pas être sûrs d’eux tant qu’ils n’ont pas eu de relations avec des femmes. Ou que les lesbiennes le sont parce qu’elles n’ont pas encore rencontré « le bon ». Mais on n’a pas besoin d’essayer ou de tester pour connaître nos attirances. On dit rarement aux hétéros : "Tu devrais essayer avec une personne du même genre pour être sûr·e de pas être homo". Et bien, c’est valable pour tout le monde !
On rencontre aussi des stéréotypes comme :
- les homos sont infidèles
- les gays vont ‘sauter’ sur tous les mecs
- les lesbiennes n’ont pas de sexualité
- les bi·es ne savent pas choisir ou n’assument pas une prétendue homosexualité
- l'homosexualité n'existe pas vraiment. C'est une maladie ou une perversion...
Tout ça est bien évidemment faux !
Si tu ressens l’envie et/ou le besoin d’en parler, que tu te questionnes, que tu as subi ou que tu subis des situations ou actes de violences par rapport à ces thématiques, n’hésite pas à nous contacter en laissant un commentaire en dessous de cet article !
Tu peux aussi contacter un centre de planning familial ou la RainbowHouse à Bruxelles.
Et n’hésite pas à aller consulter nos autres fiches sur cette thématique
Bonjour Andy,
Le terme qui est souvent employé pour les personnes qui ne ressentent d'attirance sexuelle que pour la ou les personnes qu'ils/elles aiment est demisexuel·le. Tu pourras trouver une définition complète sur la page en lien.
La chaîne de vidéo belge "Moules Frites" consacrée à la santé sexuelle a aussi quelques témoignages vidéo sur le sujet de la demisexualité. (Vidéo 1 et vidéo 2)
La demisexualité est souvent décrite comme faisant partie du spectre de l'asexualité (lorsqu'on ne ressent en général d'attirance sexuelle pour personne) tu peux donc aussi te renseigner à ce sujet si tu veux avoir une vue d'ensemble sur ces orientations sexuelles.
Bien à toi.
Qui suis je
Bonjour Mikky,
Tu te poses des questions sur ton orientation sexuelle et c’est tout à fait normal. Ce type de questionnement fait partie du parcours de beaucoup de personnes, et il n’y a pas de réponse toute faite.
Si tu as une attirance sexuelle pour les hommes, les termes « homosexuel » ou « gay » pourraient alors correspondre à ce que tu ressens. Ce mot désigne en général les hommes qui sont attirés sexuellement et/ou romantiquement par d’autres hommes. Mais c’est à toi, et à toi seul, de choisir comment tu veux te définir et si ce terme te convient.
Certaines personnes se sentent attirées par les hommes et les femmes, on parle alors parfois de bisexualité ou de pansexualité. D'autres encore peuvent vivre des expériences sexuelles avec des hommes tout en se définissant comme hétérosexuels, surtout s’ils se projettent dans des relations amoureuses avec des femmes. L’orientation sexuelle est plus nuancée qu’on ne le pense.
Ce qui compte, c’est que tu puisses te sentir libre d’explorer tes envies, tes attirances et ce qui te fait du bien, à ton rythme et sans pression. Il n’y a pas d’étiquette obligatoire, et ta manière de te définir peut évoluer avec le temps.
Si tu souhaites en parler avec quelqu’un dans un cadre bienveillant et sans jugement, tu peux t’adresser à une structure comme un centre LGBTQIA+ près de chez toi (par exemple, à Bruxelles, la RainbowHouse), ou prendre contact avec un centre de planning familial. Les professionnel·les sur place sont là pour t’écouter et t’accompagner dans ta réflexion.
Bien à toi,
Bonjour Rémi,
Merci pour ton partage. C’est tout à fait normal de se poser des questions sur ton orientation sexuelle, beaucoup de personnes passent par là. Voici quelques pistes pour t'aider à y voir plus clair : 1 - Tu peux être en couple et te questionner Tu peux aimer sincèrement ta partenaire tout en te demandant si tu pourrais aussi être attiré par des garçons. Cela ne remet pas forcément en question ton couple : c’est simplement une exploration de toi-même. 2 - Tu n'as pas à te définir tout de suite Tu peux te dire hétéro, bi, gay, ou même ne pas choisir de te définir, et c’est très bien comme ça.L’important est de te sentir à l’aise avec les expériences que tu vis. Et puis sache que les attirances peuvent évoluer avec le temps, rien n’est figé.
3 - C'est normal d'avoir des doutes C'est normal de douter. Prends ton temps, il n'y a aucune urgence. L'important est de respecter ton rythme. 4 - Tu peux en parlerSi tu souhaites en parler plus en profondeur, tu peux te rapprocher d’une Maison Arc-En-Ciel, il y en a dans toutes les grandes villes de Belgique, comme la Rainbow House à Bruxelles. Là, tu pourras parler à des professionnel·les ou alors d’autres personnes qui se posent les mêmes questions que toi. Bien sûr, tu peux aussi parler à un ou une psychologue qui pourra t'accompagner dans tes réflexions. N'hésite pas à te tourner pour cela vers les centres de Planning familial. Tu trouveras aussi d’autres lieux ressources sur la fiche Adresses utiles pour les LGBTQIA+.
On reste à l'écoute,je suis un homme qui ressent de l'amour pour les femmes mais qui aime couché que pour le sexe avec les hommes aucune attirance ni amour pour eux.
de quel genre je suis?
Votre manière de présenter rend la lecture fluide et agréable.
Hâte de lire vos prochains contenus.
Bonjour bobyxette,
Tu te poses des questions sur ton orientation sexuelle et c’est tout à fait normal. Ce type de questionnement fait partie du parcours de beaucoup de personnes, et il n’y a pas de réponse toute faite.
Tu exprimes une attirance sexuelle pour les hommes, le terme « gay » pourrait alors correspondre à ce que tu ressens. Ce mot désigne en général les hommes qui sont attirés sexuellement et/ou romantiquement par d’autres hommes. Mais c’est à toi, et à toi seul, de choisir comment tu veux te définir et si ce terme te convient.
Certaines personnes se sentent attirées par les hommes et les femmes, on parle alors parfois de bisexualité ou de pansexualité. D'autres encore peuvent vivre des expériences sexuelles avec des hommes tout en se définissant comme hétérosexuels, surtout s’ils se projettent dans des relations amoureuses avec des femmes. L’orientation sexuelle est plus nuancée qu’on ne le pense.
Ce qui compte, c’est que tu puisses te sentir libre d’explorer tes envies, tes attirances et ce qui te fait du bien, à ton rythme et sans pression. Il n’y a pas d’étiquette obligatoire, et ta manière de te définir peut évoluer avec le temps.
Si tu souhaites en parler avec quelqu’un dans un cadre bienveillant et sans jugement, tu peux t’adresser à une structure comme un centre LGBTQIA+ près de chez toi (par exemple, à Bruxelles, la RainbowHouse), ou prendre contact avec un centre de planning familial. Les professionnel·les sur place sont là pour t’écouter et t’accompagner dans ta réflexion.
Bien à toi,
En ce qui concerne la bisexualité. J'suis un garçon , j'ai toujours été amoureux des filles , mais j'éprouve de l'attirance sexuelle pour les hommes . Est ce que ca signifie que je suis bi. ?
Et quand on est bi et qu'on ne ressent pas trop d'attirance sexuelle pour les filles mais plus pour les mecs , on peut qu'on même se mettre en couple avec une fille , fonder une famille et vivre une sexualité épanouie malgré cette attirance pour les hommes ?
J'ai 25 ans et je n'ai jamais eu de vraie relation amoureuse avec une femme ni eu de rapport sexuel, principalement parce qu'on m'a inculqué que les études passaient avant les relations amoureuses. Aujourd'hui, je ressens une frustration de ne pas avoir eu d'expérience sexuelle avec une femme. J'en ressens le désir et le besoin, notamment pour apprendre à me connaître et clarifier ma sexualité.
Je me suis inscrit sur des plateformes de rencontre, mais je trouve tout cela biaisé, surtout que je recherche à rencontrer des femmes. J'ai élargi mes critères de recherche pour inclure également les hommes, et je suis tombé sur un homme qui est complètement épris de moi. J'ai commencé à m'attacher à lui, car ses mots doux me donnent confiance en moi et je ressens qu'il me désire. Cependant, je ne me vois pas avoir une relation conventionnelle avec lui, car je n'ai pas nécessairement d'attirance physique pour les hommes, mais plutôt émotionnelle.
Ma préoccupation principale est de savoir s'il est courant de construire sa vie avec à la fois des relations homosexuelles et hétérosexuelles. Je sais que des relations uniquement homosexuelles ne me combleront pas aussi bien qu'une relation avec une femme. J'ai besoin des deux aujourd'hui. Que me conseillez-vous ?
Mon père n'a jamais réellement été présent dans ma vie. Plus jeune, j'ai eu des épisodes de travestissement, d'abord pour attirer l'attention masculine, puis pour ressentir une excitation éphémère. À chaque fois, j'ai ressenti un certain dégoût, alors j'ai arrêté. Est-il possible que le désir d'avoir une relation émotionnelle et parfois physique avec une personne du même sexe persiste toute ma vie ? Serai-je toujours dans le doute ?
Je ne sais pas comment gérer cet aspect de ma vie et éviter les opinions, commentaires ou regards des autres. Quel type de spécialiste puis-je aller voir ?
Merci d avance pour vos réponses
On ne choisit pas nos attirances sexuelles et affectives ni par qui et comment on est attiré.es. Et en effet, nos attirances affectives, sentimentales, émotionnelles ne sont pas toujours liées à nos attirances et nos désirs physiques et sexuels. Ces deux aspects peuvent coïncider ou non et évoluer ensemble ou indépendamment au cours de notre vie, de nos rencontres…
Il y a aussi nos fantasmes qui peuvent exister dans notre imaginaire émotionnel et/ou érotique. On les utilise lorsque l’on se projette dans l’avenir ou quand on se masturbe par exemple. Ils font partie de nous, tout le monde en a, c’est tout à fait normal. Cela ne veut pas toujours dire que l’on souhaite ou que l’on va les réaliser. Et même si c’est le cas, pas de règles communes là non plus. Ça peut être une seule fois pour découvrir, essayer, ou de manière plus régulière mais sans pour autant que cela nous définisse.
On peut ressentir le besoin de mettre un mot sur ses envies et ses désirs. C’est normal : ça peut aider de pouvoir comprendre, de pouvoir s’identifier… mais les ressentis d’une personne et la manière dont elle les vit ça ne concerne qu’elle seule et ça ne suffit pas à déterminer qui tu es. Ça, c’est à toi seule de pouvoir l’imaginer et le dire ou non. Et si c’est vrai qu’il existe des définitions pour chaque orientations ou attirances, celles-ci ne sont pas fermées, scellées. Il y a un nombre infini de possibilités. Autant qu’il y a d’individus. Tu peux donc te les approprier, t’identifier d’une manière, d’une autre, pas du tout… et rien n’est définitif. Ce qui compte c’est toi, tes envies, ce que tu ressens. La manière dont tu as envie et peux te présenter et pas celle dont tu dois te présenter.
J’espère avoir répondu à tes questions. N’hésite pas à revenir vers nous, on reste à l’écoute.
Tu as bien fait de nous écrire. C’est vrai qu’on peut se sentir perdu et un peu seul‧e dans ce genre de situation et ce n’est jamais évident.
En Belgique, il y a la loi trans qui permet dès l’âge de 12 ans de pouvoir changer ton prénom sur ta carte d’identité. Une fois ce changement effectif, l’école a l’obligation de mettre à jour les données qui te concernent.
Avant cela, tu peux demander à ton établissement d’utiliser un prénom et des pronoms d’usages. Ton école pourra alors changer ton prénom sur les listes mais si tu n’as pas fait de changements administratifs à la commune, les documents ‘officiels’ resteront cependant à ton nom de naissance.
S’il n’y a pas de lois pour obliger les écoles à faire ce changement, aucune loi ne permet non plus à l’école de les refuser.
Et si tu te sens à l’aise tu peux aussi en parler directement et signifier ton prénom à tes profs, tes camarades, aux éducs pour qu’ils et elles t’appellent correctement.
Est-ce que tu as déjà pu en parler avec un‧e adulte dans ton école ? Sinon, c’est un premier pas que tu pourrais peut-être essayer avec un‧e prof, un‧e membre du PMS, un‧e infirmièr‧e, un éducateur ou une éducatrice, un‧e membre du personnel administratif… pour pouvoir expliquer et te sentir accompagné. Il faut trouver une personne de confiance avec qui tu vas te sentir à l’aise, écouté, légitime et non jugé. Parce que ton bien-être doit rester une propriété ! Peut-être peux-tu demander à un‧e ami‧e de t’accompagner.
Enfin, l’accès aux toilettes et aux vestiaires peut en effet être malaisant, gênant, intrusif… tu pourrais alors demander l’accès à des équipements neutres et non définis ou à ceux qui te correspondent le mieux. Et pour les cours de sport il n’y a malheureusement pas de solution et pas de réponse idéale. Essaie d’en parler avec ton ou ta prof et de voir ce qui est le mieux pour toi.
Si tu as besoin d’écoute ou d’infos en plus, n’hésite pas à nous contacter.
Par téléphone au 02/742.20.66 ou par mail à l’adresse : info[@]alter-visio.be
Tu peux aussi passer par notre page Facebook ou Instagram si tu préfères ;-)
Bon courage à toi !
On reste à l’écoute.
Je suis une femme (?) Et je sors d'une relation de 3 ans avec une femme qui ma rendu fou d'elle et qui ma beaucoup donné. Ma première.
Elle a ouvert une porte en moi que je fermais depuis longtemps et que je ne voulais pas ouvrir, et aujourdhui je me sens homme à l'interieur. Je ne voulais pas le voir.
Comment savoir si on est un garçon ou une fille finalement ? Jai toujours aimer agir comme un garçon et être traiter comme un, sa me rendais fière et je me sentais moi-même. Et cette fille va voir à travers moi au moment exacte où je me disais que je navais dautre choix que daccepeter que je ne serais jamais un garçon. Et elle va ouvrir cette porte en moi longtemps cacher et va faire tout sortir au point où il m'est impossible de redevenir cette fille que j'essayais d'être.
Mes parents se doute bcp mais sans preuve ne peuvent rien contre moi. Je suis très restreinte dans ma liberté et peu de moyen de faire des rencontres amical ou amoureuse avec d'autres personne de la communauté LGbt.
Ya til des sites où des lieux de rencontre ou on peu se retrouver et discuter ensemble de nos problèmes avec des personnes qui sont beaucoup plus apte de reelement nous comprendre?
Je ne pense pas être le seul à me sentir si isolé...
Tu as raison, tu n’es pas seul‧e à te sentir isolé‧e et tu n’as pas a rester seul‧e.
Le fait que tu nous écrives, même si ce n’est pas forcément facile, c’est un bel engagement vers ton bien-être.
Et c’est très courageux ! Tu as eu raison de le faire.
Pour essayer de te répondre, la société dans laquelle on vit, nous attribue / assigne à la naissance un genre selon notre appareil génital externe. Et elle ne prend plus ensuite en considération la manière dont on se sent, dont on se pense, dont on se construit… Mais le genre n’est pas uniquement lié à nos organes sexuels externes et donc à ce qu’on nous a dit être depuis notre naissance. Le genre c’est aussi se ressentir, se reconnaître et exprimer ou non des codes, des apparences… binaires (hommes/femmes) ou non (fluide, agenre).
Tu peux donc te reconnaître, te ressentir, peut-être aussi t’identifier d’un genre, d’un autre, des deux, d’aucun des deux. Tu es le‧la seul‧e à savoir qui tu es et qui tu as envie d’être.
Si tu t’identifies, te ressens et te reconnais comme un garçon c’est OK.
Mais ce n’est pas toujours facile de comprendre ce que l’on ressent, ce que l’on vit, de savoir comment être, comment agir. Il y a des lieux sûrs où des personnes bienveillantes seront là pour t’accueillir, t’écouter, sans te juger et t’accompagner.
Si tu as moins de 20 ans il y a l’asbl TransKids et sinon il y a aussi l’asbl Genres Pluriels. Ces 2 structures font partie de la Rainbow House qui se trouve à Bruxelles. Là aussi c’est un lieu dans lequel tu seras accueilli‧e et écouté‧e et où tu pourras rencontrer des personnes qui pourront t’accompagner.
Ce sont des structures qui, en dehors des mesures sanitaires actuelles, organisent aussi des moments de rencontres.
Comme nous, l’asbl Alter Visio.
Enfin, en Wallonie tu peux aussi t’adresser aux Maisons Arc-en-Ciel (MAC) qui sauront t’accueillir et t’orienter.
N’hésite surtout pas à nous contacter de nouveau, on sera là pour te lire, t'écouter et te répondre !
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Mail : info [@] alter-visio‧be
Je suis un garçon et j'ai 17 ans.
Je n'arrive pas à avoir des érections quand je vois une fille et encore beaucoup moi quand elle est nue et quoi voit tous les détails de ses parties intimes. Par contre, je trouve les seins très beaux et esthétique mais pas séduisant, de sorte que j'ai une envie de me masturber... Je trouve ça dommage.
En ce qui concerne les garçons, leur torse me donne beaucoup d'érection, surtout le ventre ! Mais comme les filles, les parties intimes me dégoûtent.
Actuellement, je me considère gay car j'ai des attirantes sexuelles chez les garçons.
Mais le problème, c'est que je n'accepte pas mon homosexualité et j'ai envie de baiser une femme comme le fait un homme normal (excusez moi pour les termes). J'essaye de me masturber sur des femmes mais je n'y arrive pas. Plus tard, je me vois incapable de faire l'amour à ma future femme : je lui dit que je suis gay, ou je lui dis que je suis asexuel ? Je ne sais plus quoi faire, je trouve les filles belles mais pas séduisantes et ça me soule !!
Mais sans images, je peux me masturber que en touchant mon pénis et le caresser, sans forcément penser à quelque chose : je pourrais opter cette stratégie pour pouvoir faire lamour avec ma future femme. Donc je fermerait les yeux, et je la laisserais tout faire. Bref, je ne sais pas ce que vous en pensez.
Après ces longs paragraphes de contextualisation, ma question est la suivante : pourrais-je être attiré par les filles ? Si oui, il faut laisser faire le temps ou bien il faudra effectuer des manoeuvres pour arriver la ? (Ça ne me dérange pas d'être bisexuel, pansexuel ou hétérosexuel : tout ce que je veux c'est pouvoir faire l'amour à ma femme.)
En espérant que vous allez m'éclairer à ce sujet là,
Anonyme
Tu as bien fait de nous écrire.
Premièrement, sache qu'au-delà des représentations les plus courantes, il n'y a pas de ‘normalité’ en matière de relations et de ressentis et nous avons chacune et chacun nos propres attirances affectives et sexuelles. Nos sentiments et nos désirs ne sont pas obligatoirement liés et l'un comme l'autre, ainsi que le rapport entre les 2, peuvent évoluer, changer au cours de nos vies, de nos rencontres et de nos expériences. Ils peuvent être multiples et parfois même inexistants.
L'important c'est surtout que tu ne te forces pas, ni toi, ni ton ou ta partenaire, à faire quelque chose dont tu, il ou elle, n'aurait pas envie et qui pourrait créer de la gêne, de l'inconfort, de l'insécurité ou de la souffrance.
Je voulais aussi te dire qu’il n'y a pas d'hommes ‘normaux’ et d'autres qui le seraient moins. Il n'y a pas de "vrais hommes" et donc il n'y a pas de "faux hommes". Qu'il soit homo, bi, hétéro, pan, asexuel, polyamoureux, aromantique… qu'il ait des relations sexuelles ou non, des relations affectives ou non, un homme est un homme !
En ce qui concerne la sexualité, il n'y a pas de réponse toute faite que je puisse t'apporter malheureusement. Même si te forcer à avoir des relations sexuelles avec une future partenaire et simuler ton plaisir ne semble pas être une solution satisfaisante. Pour personne. Ça voudrait dire que tu n'es pas totalement honnête dans l'acte sexuel que tu es en train de partager avec ta partenaire. Et donc peut-être pas totalement investi et honnête envers elle.
Est-ce que tu finiras par pouvoir ressentir du désir pour les femmes ? Personne ne pourra te le dire. Peut-être. Peut-être pas. Comme je te le disais, le désir peut évoluer et changer. Mais personne ne peut le prédire.
Tu te définis comme gay quand tu parles de tes désirs sexuels. Mais ça n'est pas obligé de n'être que sexuel. Tu peux et tu as le droit d'imaginer avoir de l'attirance affective, des sentiments pour des garçons. Et peut-être aussi des relations sexuelles avec eux si tu en as envie.
Mais j'ai lu que tu ne sembles pas accepter ton orientation sexuelle. C'est vrai que ce n'est pas toujours facile d'être soi quand on ne semble pas correspondre aux modèles encore imposés.
S'assumer peut prendre du temps et ça peut être compliqué. Il peut alors être bon de trouver du soutien sur ce chemin, pour y réfléchir, en parler, ne pas se sentir seul. Des proches, des professionnel·le·s, des structures d'écoute… mais il est essentiel je crois de ne pas se renier soi-même. Et être homo, bi, hétéro, pan… n'est jamais un problème. Ce n'est pas mal, ce n'est pas honteux, ce n'est pas un choix. C'est comme ça, c'est une manière de dire ce qu'on ressent. Et d'ailleurs, tout ça ne regarde que toi.
À condition d'être clair avec toi-même et avec tes éventuel.les futur.es partenaires, de ne rien t'imposer ou leur imposer, en termes de relation sentimentale et / ou sexuelle tu peux imaginer ce qui t’apportera le plus de bien-être. Et tout ça peut évoluer et changer au fil du temps et de tes expériences et c'est OK. Mais essaie d’éviter de faire semblant, de te forcer à être quelqu'un que tu n'es pas, qui ne te ressemble pas ou de te forcer à faire des choses que tu n’as pas envie de faire.
Et si tu as besoin d'aide sur ce chemin pour comprendre tes envies, tes désirs, tes attentes et la manière dont tu peux les vivre, c'est normal. Alors n’hésite pas à demander de l'aide à quelqu'un qui pourra t'accompagner.
Voilà une longue réponse. Car ces questions sont très importantes et, tu l'auras compris, n'ont pas de règles strictes, simples et rapides. Chaque personne est unique et doit trouver ses propres réponses. J'espère que la mienne t'aura un peu éclairé.
Mais j’ai conscience qu’il te reste peut-être encore plein d’interrogations, alors n'hésite pas à revenir vers moi si tu as besoin. Tu peux m’écrire un mail à - kevin{arobase}alter-visio.be - .
Je reste à l'écoute.