Avortement - IVG : interrompre sa grossesse en Belgique

S’il s’avère que tu es enceinte et que tu ne souhaites pas poursuivre ta grossesse, tu peux te rendre dans un centre de planning familial pour recourir à un avortement, qu’on appelle aussi interruption volontaire de grossesse (IVG).

L’avortement est un droit

En Belgique, la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est d’application depuis 1991. L’IVG est donc dépénalisée, cela signifie que la loi autorise cette pratique. En effet, une femme qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse doit être respectée. Personne ne peut décider à sa place et personne n'a le droit de l'influencer dans un sens ou dans l'autre.

Quelles sont ces conditions ?

  • En Belgique l’IVG est autorisée jusqu'à 12 semaines de grossesse ;
  • Un délai de six jours doit s’être écoulé entre la première consultation et le jour de l’intervention ;
  • L’intervention doit avoir lieu dans un centre hospitalier ou extra hospitalier (centre de planning familial pratiquant l’IVG).

Une exception à la règle

Une seule exception est prévue par la loi, il s’agit de l'interruption médicale de grossesse (IMG).  Lorsque la grossesse met en danger la santé de la mère ou si les examens révèlent que l'enfant à naître est atteint d'une maladie incurable, l’avortement thérapeutique est autorisé au delà de 12 semaines de grossesse.

À qui t’adresser ?

Tu peux en parler à un·e médecin ou à un·e gynécologue de ton choix. Tu peux aussi te rendre dans un hôpital ou dans un centre de planning familial. L’important est de trouver le lieu où tu te sentiras la plus à l'aise… Tu trouveras sur Mon Planning familial la liste des centres pratiquant l’IVG.
Ce que tu dois savoir, c’est que tous les hôpitaux et les centres de planning familial ne pratiquent pas nécessairement l’avortement (soit par conviction, soit parce que la structure ne permet de pratiquer d'IVG). Cependant, à partir de janvier 2024, tous les hôpitaux bruxellois, à l'exception des hôpitaux universitaires, seront tenus d'accepter une demande d'IVG, qu'elle soit thérapeutique ou volontaire.

  • À l'heure actuelle, en centre de planning familial, si la·le médecin auquel tu t’adresses, refuse de pratiquer l’IVG, il est dans l'obligation légale de t’en informer lors de la première visite et de te renseigner un service pratiquant l’IVG.
  • Dans un établissement hospitalier, la·le médecin qui refuse de pratiquer l'IVG est également dans l'obligation légale de t'en informer lors de la première visite. En revanche, il n'est pas dans l'obligation de te renseigner un service pratiquant l'IVG.

Comment se passe l’IVG ?

Il existe deux méthodes d’IVG : l’IVG médicamenteuse et l’IVG chirurgicale
La méthode médicamenteuse se déroule en deux étapes où la patiente doit prendre différents comprimés : dans un premier temps, ceux-ci stoppent le développement de la grossesse, puis dans un second temps, provoquent l’expulsion de l’embryon. En Belgique, elle est pratiquée jusqu’à 7 semaines de grossesse.
La méthode chirurgicale est pratiquée sous anesthésie locale ou générale et consiste à aspirer, avec une sonde, l'endomètre (la partie interne de l'utérus où s'est niché l'ovule fécondé). Elle peut être pratiquée de la 6e à la 12e semaine de grossesse.

Comment se déroule une IVG dans un centre de planning familial?

Chaque avortement, pratiqué selon les conditions prévues par la loi, suit une certaine procédure. Celle-ci est importante, car elle permet que l’IVG se déroule le mieux possible, en assurant une intervention médicale professionnelle et un accompagnement optimal.

  • Lors d’une première visite, un·e professionnel·le de la santé t'accueillera et tu pourras lui faire part de ton intention d'avorter : elle te donnera toutes les informations utiles (droits, aides, etc.) et répondra à tes interrogations. Tu recevras toutes les explications sur le déroulement de l’IVG, les précautions à prendre, les suites de l’intervention, etc.
  • Tu disposes ensuite d’une période de réflexion de 6 jours (minimum légal) pour confirmer ou non, par écrit, ta volonté d’interrompre la grossesse. Cette confirmation se déroule alors le jour de l’intervention. Tu recevras généralement un certificat médical pour la journée.
  • Deux semaines après l’avortement, il te sera suggéré de prendre rendez-vous pour une visite de contrôle qui te permettra d'effectuer un bilan de santé vis-à-vis de l'intervention et pour refaire le point au niveau de ta contraception.

Et le secret professionnel ?

Tout médecin est tenu au secret médical : il ne peut donc donner aucune information à qui que ce soit sans ton consentement.
Tous les professionnel·les de santé qui travaillent en centre de planning familial sont tenu·es au secret professionnel même si tu es mineure : aucun·e membre de l’équipe n’est autorisé·e à donner des informations à ton sujet, ni dire s’il·elle t’a rencontrée ou pas (même à ta famille).

Une mineure d’âge peut-elle avorter ?

La loi belge relative à l’avortement n’évoque pas l’âge de la femme. Ainsi, il est possible d'effectuer une interruption volontaire de grossesse lorsqu'on est mineure.

Combien coûte l’IVG ?

Si tu es en ordre de mutuelle, tu paieras environ 4 euros, et l’intervention est gratuite si tu as le statut BIM. Si tu es sans mutuelle, le prix total de l’intervention est à ta charge, et le montant est plafonné autour de 200€. Dans certains cas, tu peux demander une aide financière auprès du CPAS, les centres FEDASIL et de la Croix-Rouge par le biais d’une Aide médicale urgente et/ou d’un réquisitoire. 

Dans tous les cas, l’aspect financier ne doit pas constituer un frein. Il est donc préférable d'évoquer ta situation financière auprès des professionnel·les de santé qui t'accueilleront pour trouver une solution.
Tu trouveras ici la liste des centres de planning familial pratiquant l'IVG.

Les informations ci-dessus n’ont pas la prétention d’être des informations médicales. Elles te donnent des renseignements généraux. N’hésite pas à prendre contact avec ta·ton médecin ou un organisme spécialisé.