Les recours dans l’enseignement supérieur : première session COVID19

Action des “étudiants oubliés” (18 mai 2020)

Source : Infor Jeunes

Des règles pour organiser la fin de l’année académique ont été publiées il y a quelques semaines. Infor Jeunes Bruxelles les détaillait dans cet article. Que ce soit en École supérieure des Arts, en Haute École ou à l’Université, ces règles visent à « éviter d’éventuels recours ».[1]  Pourtant, éviter les recours n’empêche pas les difficultés. Dès lors des recours seront malgré tout introduits. Néanmoins, introduire un recours en première session a-t-il vraiment du sens ?

De nouvelles règles suite au covid19:

Nouvelles règles moins protectrices. En publiant ce 28 avril 2020 un arrêté de pouvoirs spéciaux n° 6 relatif à la fin de l’organisation académique, de nouvelles règles sont venues remplacer celles prévues par le décret du 7 novembre 2013 dit “paysage”. Ces règles permettent de :

  1. modifier la description des unités d’enseignement « lorsque la crise sanitaire du COVID-19 l’impose » alors que c’était auparavant interdit, sauf cas de force majeure touchant l’enseignant responsable (Art. 77, dernier alinéa de décret dit “Paysage”) Description d’une unité d’enseignement. Cela concerne:
      1. son identification, son intitulé particulier, sa discipline;
      2. le nombre de crédits associés;
      3. sa contribution au profil d’enseignement du programme, ainsi que les acquis d’apprentissage spécifiques sanctionnés par l’évaluation;
      4. la description des objectifs, du contenu et des sources, références et supports éventuels, avec l’indication de ceux qui sont indispensables pour acquérir les compétences requises;
      5. le cycle et niveau du cadre francophone des certifications auxquels il se rattache et, si c’est pertinent, la position chronologique dans le programme du cycle;
      6. son caractère obligatoire ou au choix individuel de l’étudiant au sein du programme ou des options;
      7. la liste des unités d’enseignement prérequises ou corequises au sein du programme et si d’autres connaissances et compétences particulières préalables sont requises;
      8. les coordonnées du service du ou des enseignants responsables de son organisation et de son évaluation;
      9. son organisation, notamment le volume horaire, l’implantation et la période de l’année académique;
      10. la description des diverses activités d’apprentissage qui la composent, les méthodes d’enseignement et d’apprentissage mises en œuvre;
      11. le mode d’évaluation et, s’il échet, la pondération relative des diverses activités d’apprentissage;
      12. la ou les langues d’enseignement et d’évaluation.
  1. communiquer la matière qui fera l’objet de chaque évaluation, préciser la nature générale de l’examen et les caractéristiques de l’examen le plus tôt possible en deuxième session et pour le 27 avril 2020 au plus tard en première session.
    • Nature générale de l’examen. Cela comprend le fait que l’examen soit oral ou écrit, en présentiel, à distance ou mixte, consistant dans la remise d’un travail ou non, etc.
    • Caractéristiques de l’examen. Le fait qu’il s’agisse d’un examen à livre ouvert ou non, un QCM ou des questions ouvertes, etc.
  2. valoriser des stages qui n’auraient pas été entièrement prestés;
  3. prolonger la durée du deuxième quadrimestre au 10 juillet 2020 et celle du troisième quadrimestre au 30 septembre 2020, voire jusqu’au 30 janvier 2021 pour les étudiants en fin de cycle;
  4. supprimer des unités d’enseignement d’un programme d’études (PAE).

Or, ces règles ne sont pas obligatoires et les délais ne sont contraignants que pour l’étudiant. Par exemple, l’étudiant qui ne se serait pas manifesté avant le 4 mai pour déclarer qu’il ne pouvait pas présenter ses examens à distance risquerait de ne plus pouvoir le faire. Par contre, l’établissement qui n’aurait pas communiqué les modalités d’examen pour le 27 avril 2020 ne risquerait rien puisqu’aucune sanction n’assortit le respect de ce délai.

Certains étudiants se plaignent:

  • Non-respect des dates et manque d’informations. Depuis plusieurs semaines, certains étudiants se plaignent. De quoi ? D’informations sur les modalités d’examens publiées après le 27 avril 2020, la date limite pour communiquer ces informations[2] Parfois, les  règles sont modifiées après cette date, voire la veille des examens. Ici, un étudiant de la Haute École Francisco Ferrer nous dit que les modalités d’un travail se seraient transformées; présenté comme un travail de groupe, cela deviendrait désormais un travail individuel cinq jours avant la date de sa remise. Alors que la quantité de travail reste la même. De même, certains étudiants dénoncent des cours envoyés en dernière minute ou non-donnés, une matière d’examen identique à celle des années précédentes alors que les cours n’ont pas été donnés entièrement. D’autres étudiants encore dénoncent des enseignants injoignables.
  • Organisation des examens à distance. L’organisation des examens à distance pose parfois des contestations : une plate-forme d’examens qui « plante » pendant l’examen, des modalités d’examens communiquées via Teams à certains étudiants mais pas à d’autres, des examens disponibles avant le début de l’examen pour certains étudiants ou inaccessibles pour d’autres, de bonnes réponses laissées en italique sur le questionnaire d’examen, l’obligation d’allumer sa caméra et de filmer la pièce où l’étudiant se trouve…alors que cela n’était pas annoncé à l’avance, l’enregistrement et le recoupement des adresses IP par l’établissement à des fins de vérification d’une fraude, l’interdiction d‘enregistrer ses examens oraux par l’étudiant, des problèmes liés à l’accès aux documents administratifs (copies corrigées,…), etc.
  • Situation socio-économique de certains étudiants. Certains étudiants plus précarisés se plaignent d’avoir été oubliés. Pourtant, ils sont aussi concernés par les conséquences du Covid-19. S’il leur est possible de présenter leurs examens sur place, certains problèmes subsisteraient en raison des conséquences du confinement : pas de lieux d’étude publics pour étudier lorsque c’était impossible à la maison, des tensions familiales, de la violence ou un manque de place lorsqu’on est une famille nombreuse. Certains effets de la crise du coronavirus sur les étudiants n’auraient peut-être pas assez été pris en compte par cet arrêté de pouvoirs spéciaux n°6.

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Photo : Action des “étudiants oubliés” (18 mai 2020) (Infor Jeunes Bruxelles)

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2 questions déjà posées

  1. nathgeer

    bonjour,

    Est-il normal qu’un professeur justifie la difficulté d’un examen en disant que : vu que son examen est en ligne les étudiants vont surement tricher et que donc l’examen sera très très compliqué.Et cela une semaine avant la date.

    Je ne trouve cette attitude très négative et pas du tout constructive.

    Merci d’avance pour votre réponse et bonne journée

     

    Répondre
    1. Infor Jeunes Bruxelles

      Bonjour Nathgeer,

      Sur le principe, l’enseignant est libre de faire ce que bon lui semble : choisir le niveau de difficulté, fixer la méthode pédagogique, etc. On parle de liberté académique. Toutefois, l’enseignant est parfois limité par certaines règles juridiques. Ainsi, l’arrêté de pouvoirs spéciaux n°6 fixe au 27 avril 2020 la date limite à laquelle les autorités académiques doivent communiquer les modalités d’évaluation. Par ailleurs, l’article 78 du décret du 7 novembre 2013 définissant le paysage de l’enseignement supérieur et l’organisation académique des études impose de ne plus pouvoir modifier l’horaire des examens moins de 10 jours ouvrables avant la date annoncée initialement, sauf cas de force majeure et pour autant que la modification soit communiquée par courrier électronique et aux valves (électroniques ou papier). En-dehors de ces hypothèses, la position de l’enseignant peut être critiquée mais elle ne peut pas être contestée à travers un recours. Nous restons disponible pour toute raison.

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