Quels sont les dangers de l’extrême droite ?

L’extrême droite est incarnée en Flandres par le Vlaams Belang (ex Vlaams Blok). Du côté francophone, l’extrême droite a volé en éclat. Le Front National est devenu Démocratie Nationale (DN).

Partis démocratiques et non démocratiques

Tout en ayant des idées et des conceptions différentes, la grande majorité des partis et courants politiques respectent les règles les plus essentielles pour la vie en société : les droits de l’Homme, l’égalité entre les citoyens, l’organisation d’élections au suffrage universel, la liberté de conscience, etc. Ils partagent des valeurs fondées sur la primauté de l’arbitrage raisonné entre les citoyens pour déterminer l’avenir de la société et résoudre les conflits. Cet arbitrage démocratique ne fait pas appel à une raison supérieure ou extérieure (Dieu, la tradition, la raison du plus fort) mais à la liberté et à l’intelligence des hommes. Qu’ils soient de « droite » (plus sensible à l’ordre…) ou de « gauche » (plus sensible à la solidarité…), les partis qui respectent ces règles et partagent ces valeurs sont dits démocratiques.

Les partis d’extrême droite refusent ou ne reconnaissent pas ces règles ; ils considèrent que d’autres idées tels que l’ordre, la nation, l’État, la race, ou des valeurs traditionnelles ou religieuses sont supérieures aux règles démocratiques et justifient le cas échéant de ne pas respecter ces règles démocratiques.

L’extrême droite construit sur la peur

Dans son discours politique, l’extrême droite fait appel à la peur et aux craintes : peur du progrès, du changement, peur de l’autre. Elle propose ainsi des solutions simplistes (et totalement inefficaces) à des questions compliquées et réelles (chômage, précarisation, mondialisation, sociétés multiculturelles, etc.). Loin de s’attaquer aux causes des peurs, elle les cultive pour agrandir son influence électorale.

Rejet de la différence

Un des thèmes récurrents des partis d’extrême droite est celui du rejet des personnes d’origine étrangère qui vivent en Belgique. Ils essaient de faire passer ces citoyens comme les responsables du chômage, de la crise du logement, de la délinquance, etc. Un de leurs objectifs affirmé est donc de renvoyer tous les étrangers dans leur pays d’origine.

Programme de l’extrême droite

En plus d’être xénophobes et souvent racistes, les partis d’extrême droite veulent supprimer de nombreux droits et progrès que les citoyens ont acquis au fil du temps (et quelque fois à travers de longs combats) : la Sécurité sociale (allocations familiales, allocations de chômage, remboursement des soins de santé, etc.), le droit de manifester ou de faire grève, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté religieuse et la laïcité de l’organisation sociale, l’égalité des sexes, les droits des femmes, la liberté syndicale, etc.

L’extrême droite refuse le modèle des droits et des solidarités qui caractérise la société Belge.

Partisans des valeurs traditionnelles, les partis d’extrême droite ont également une idée très précise de ce que devrait être la famille. Pour eux, la femme ne devrait pas travailler mais s’occuper des enfants (nombreux de préférence) et du ménage pendant que l’homme seul travaillerait.

De manière générale, ces partis veulent diminuer les libertés et obliger les citoyens à respecter un ordre traditionnel.

L’extrême droite en Belgique

Ces dernières années, l’extrême droite a connu des scores importants. En 2004, le Vlaams Belang a obtenu 35% des votes à Anvers. Le 8 octobre 2006, le nombre de conseillers communaux Vlaams Belang a presque doublé par rapport à 2000.  Les élections régionales et européennes de 2009  et les élections fédérales de 2010 ont vu un recul du Vlaams Belang (et du Front National côté francophone). Lors des élections de 2012 et de 2014, le parti a encore subi un recul important au profit de la N-VA. Le programme de la N-VA, parti le plus important de Flandre, présente certaines similitudes avec le Vlaams Belang.
Lors des élections fédérales, régionales et européennes du 26 mai 2019, la N-VA est restée le premier parti flamand mais cette fois cela n’a pas empêché le Vlaams Belang de remporter un succès électoral : 18 % des voix en Flandre. Plus de 800 000 Belges ont voté pour ce parti pour le Parlement fédéral.

Le danger de l’extrême droite ne réside pas uniquement dans son programme politique mais également dans l’influence qu’elle exerce sur les partis politiques traditionnels. Ceux-ci semblent de plus en plus souvent tentés d’utiliser certaines de leurs idées afin de séduire les trop nombreux électeurs d’extrême droite. Certains politiciens se déclarent même prêts à accepter des alliances avec le Vlaams Belang pour rester ou accéder au pouvoir.
Depuis 30 ans (1989), un « cordon sanitaire » a été instauré en Belgique. Ce terme désigne l’exclusion des partis politiques d’extrême droite de toute majorité politique. Aujourd’hui, la N-VA parle de plus en plus souvent de rompre ce cordon sanitaire et de pactiser avec le Vlaams Belang pour former un gouvernement.

L’extrême droite en Europe

Depuis le début des années 2000, et particulièrement à partir de 2008, l’extrême droite remonte nettement dans les suffrages un peu partout en Europe.
En France, Marine Le Pen, présidente du parti du Rassemblement National (ex Front National) termine en deuxième position lors du premier tour des élections présidentielles de 2017. Elle ne sera pas élue mais obtient quand même 33,90% des voix.
En mai 2019, le parti de Marine Le Pen arrive en première position aux élections européennes.
Aux Pays-Bas, le PVV, le parti de Geert Wilders dont le programme est anti-islam et anti-europe, fait la course en tête dans les sondages lors des législatives 2017. Il ne sera pas élu mais devient la seconde force politique au Parlement avec 20 sièges.
En Allemagne, alors que l’extrême droite était quasi inexistante suite au traumatisme de l’Holocauste, l’AfD, parti issu du mouvement Pegida (contre l’islamisation de l’Occident) obtient 13% des voix qui se traduisent par 92 députés lors des législatives 2017.
En Italie, La Ligue, parti d’extrême droite anti-immigration et anti-Europe, qui n’avait obtenu que 4% des suffrages lors des dernières législatives de 2013, a plus que quadruplé ce chiffre à environ 18% en 2018.
Ce parti est même arrivé en tête des élections européennes de mai 2019.
En Grèce, l’Aube Dorée (XA), un parti qui tire ses origines du mouvement néonazi est aujourd’hui la quatrième force politique du pays. Ce parti est connu pour sa violence. Ses membres sont coupables de nombreuses agressions et 70 de ses députés, élus locaux et autres cadres sont actuellement en procès pour « appartenance à une organisation criminelle ».
En Espagne, le parti d’extrême droite Vox a remporté ses trois premiers sièges d’eurodéputés en mai 2019.
L’Europe du Nord n’est pas non plus épargnée. En Suède, le SD atteint un score de 13% lors des élections parlementaires de 2014 ce qui oblige les partis traditionnels de gauche et de droite à passer un accord de gouvernement valable jusqu’en 2022. En Finlande, les « Vrais Finlandais » représentent depuis les élections de 2011 la troisième force politique du pays et la première force d’opposition.
L’Autriche, la Hongrie, la Croatie et la Bulgarie ne font qu’allonger la liste des pays européens dans lesquels on observe une montée de l’extrême droite. Seuls l’Irlande et le Portugal semblent insensibles au phénomène.
Cette montée de l’extrême droite depuis les années 2000 en Europe est en partie expliquée par :

  • les attentats du 11 septembre 2001 et le climat islamophobe qui en a découlé;
  • la crise financière de 2008 qui a eu pour conséquence une augmentation du taux de chômage et une fragilisation des classes moyennes;
  • la crise migratoire qui a débuté dans les années 2010.

Ces trois points ne permettent pas d’expliquer à eux seuls ce phénomène mais cela démontre que les périodes de crises, plus enclines à déclencher un sentiment de peur et d’insécurité chez la population, sont généralement plus favorables au développement des partis d’extrême droite.

Comment lutter contre l’extrême droite ?

Il n’existe malheureusement pas de formule magique pour contrer cette « marée brune ».

Mais plusieurs facteurs sont susceptibles de diminuer l’influence des discours extrémistes :

  • combattre toutes les formes d’exclusion (chômage, misère, etc.) ;
  • éviter la banalisation de l’extrême droite et des discours xénophobes et racistes ;
  • encourager la rencontre et le dialogue entre les différentes communautés religieuses, philosophiques, culturelles ou ethniques ;
  • enseigner l’histoire, la citoyenneté, déconstruire les préjugés et éduquer à la tolérance ;
  • soutenir et participer aux actions des différents organismes luttant contre l’extrême droite et le racisme. Tu peux trouver plusieurs de ces organismes dans les adresses et coordonnées utiles.
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5 questions déjà posées

  1. Marcel

    Je suis d’extrême droite, j’suis je raciste ? Absolument pas, je suis juste pour ma culture et mes traditions. La gauche essaye de détruire tout cela, pour leurs multiculturimes qui détruira notre civilisation, une véritable honte. Du coup, ont se retrouve avec des anti-racistes qui insulte les blancs à longueur de journée. Qui est les racistes alors ?

    Répondre
  2. Alkalin

    Et les dangers de l’extrême gauche alors ?

    Répondre
    1. Infor Jeunes Bruxelles

      Bonjour Alkalin,

      En Belgique, l’extrême gauche est aujourd’hui principalement incarnée par le PTB. La question de savoir si le PTB doit être considéré comme un parti « dangereux » est délicate. En tout cas, il ne nous semble pas légitime de les exclure du débat démocratique comme cela peut être le cas des partis d’extrême droite puisque les discours et les programmes actuels du PTB ne semblent pas aller à l’encontre de la législation. Notamment sur l’incitation à la haine et le racisme (contrairement aux partis d’extrême droite).

      Bien à toi

      Répondre
      1. Pijota

        Bonjour,

        Vous avez oublié , en Belgique, le parti ISLAM, 100 % à l’extreme de la droite.

        Répondre
        1. Infor Jeunes Bruxelles

          Bonjour Pijota,

          L’objet de cette page n’est pas de référencer tous les petits partis dont l’idéologie est extrême. Le but est d’expliquer pourquoi l’extrême droite est dangereuse. Les partis que nous citons dans cette fiche ont de (trop) nombreux élus. Contrairement au parti Islam qui n’a aucun élu en Belgique (quel que soit le niveau de pouvoir).

          Bien à toi

          Répondre