Drogues : trouver de l’aide

Tu voudrais parler d’une consommation de drogue ou d’alcool, que ce soit la tienne ou celle de quelqu’un d’autre ? Veille à réfléchir posément pourquoi, quand et à qui en parler. Ces questions sont déterminantes si tu as des attentes susceptibles d’être déçues.

Parler de ses consommations

Ou pourquoi tout simplement parler à quelqu’un de ce que tu vis ?
Exprimer ce que l’on traverse permet de découvrir les émotions qui se cachent derrière nos comportements. Nous pouvons nous rendre compte qu’en fait, nous nous sentons triste, en colère ou déprimé.

Prendre du recul

Émile, 2014, IxellesFaire connaissance avec tes émotions te permet de prendre du recul. Si tu te laisses emporter par la tristesse ou la colère, ce n’est plus toi qui décides : cette émotion peut te faire dire ou faire des choses que tu pourrais regretter.
Quand les émotions deviennent trop lourdes, elles nous rongent et peuvent nous rendre malades. Parler à quelqu’un de sa colère peut la rendre plus supportable, comme si tu en déposais un peu chez l’autre ou comme si l’autre pouvait t’aider à la porter. Parler à quelqu’un t’offre l’occasion de te sentir moins seul.e face à ce que tu vis et ressens.
Si tu peux consommer de façon responsable et occasionnelle, cela peut être une manière de mettre à distance ou d’étouffer des émotions trop imposantes. Mais effacer une colère ou un sentiment de dépression ne peut fonctionner qu’un temps. Un jour, tu cours le risque de t’effondrer ou de devoir augmenter ta consommation pour que les drogues continuent de produire leur effet.

À quoi servent les émotions ?

Il est important que tu puisses être à l’écoute de tes émotions, elles sont là pour te parler de toi. Elles te donnent des informations sur ce qui est important pour toi, sur ce qui te touche. Et elles te mettent en alerte quand tu ne te sens pas respecté.e.
La vie nous fait ressentir un éventail d’émotions, mais la société ne nous autorise pas toujours à être en accord avec elles. C’est d’ailleurs lorsque tu es confronté à ces difficultés que consommer peut te paraître comme une solution.
Garde à l’esprit qu’aucune douleur et aucune difficulté n’est éternelle, tout finit par s’atténuer même si cela peut te paraître impossible sur le moment même.


Quand en parler ?

Si c’est toi qui consommes

Si c’est toi qui consommes une drogue, tu peux te demander si tu es devenu.e dépendant.e d’un produit. Pour ce faire, tu peux te poser cette simple question : ai-je encore la liberté de me passer de ce produit ? Ai-je la liberté de ne pas fumer un joint ? Si c’est oui, tu n’es probablement pas dépendant.e. Par contre, si tu sens que ta réponse penche vers un « non », cette autre question se pose pour toi : « quand en parler ? ».
Personne ne peut t’obliger à parler de choses aussi intimes et complexes que du non-contrôle de ta consommation. Parler c’est bien, mais au moment où tu le sens, c’est mieux. Les proches peuvent vouloir en discuter à un moment qui n’est pas le bon pour toi. Ce n’est pas à eux d’en décider.
En effet, tu pourrais trouver plein de ressources en toi pour changer les choses et diminuer voire arrêter ta consommation — pour reprendre le contrôle sur ta vie — sans avoir dû en parler à quelqu’un.
Mais il arrive parfois que l’on n’y arrive pas seul. Et que l’on doive reconnaître que la situation ne va pas s’arranger. C’est souvent à ce moment-là que le besoin de se « décharger » se fait ressentir. Il t’appartient dès lors de trouver quelqu’un avec qui en parler.

Si tu connais quelqu’un qui consomme

IMG_8434menosEn parler, c’est montrer que tu es là et que la personne peut te confier des choses personnelles et délicates, sans que tu ne la juges.
Il n’est jamais trop tard pour en parler. Rien ne t’empêche de dire à la personne que tu t’inquiètes pour elle.
Nous te conseillons de lui demander des nouvelles quand tu sens que le moment est bien choisi (exemples : « Ca va toi avec le cannabis ? », « Tiens, et avec l’alcool, ça va ? Parce que la dernière fois je trouve que tu avais beaucoup bu. »). Ce qui compte, c’est que la personne sache que tu lui en parles parce qu’elle compte à tes yeux et que son éventuel mal-être ne te laisse pas indifférent(e).
Tu découvriras vite ce qu’elle en pense. Elle pourrait te répondre que tu as tort, que tu dis n’importe quoi, ou que c’est vrai mais que ce n’est pas grave. Cela peut signifier qu’il n’y avait rien d’alarmant. Ou qu’on t’a mal renseigné.e. Ou qu’il y a effectivement un problème, mais que la personne ne souhaite pas (t’)en parler. Il se peut que tu aies raison, mais qu’il soit trop tôt pour que la personne accepte de se confier. Trop insister est risqué : cela pourrait abîmer votre lien.


À qui en parler ?

Respecter ton intimité et celle de l’autre

Si tu as besoin de parler, tourne-toi vers quelqu’un en qui tu as entièrement confiance.
La consommation de drogue est quelque chose de très intime : faire des révélations à propos de ton intimité, c’est parler de ce qui t’est unique et précieux.
Aborder une consommation de drogue ne peut se faire qu’avec une personne dont tu es sûr(e) qu’elle respectera parfaitement ce caractère unique et précieux.
Si tu souhaites discuter d’un de tes proches qui consomme avec un tiers, veille à ne pas « trahir » la personne en allant en parler à ses potes ou sa famille. Il vaut mieux en parler à un confident qui fait partie de ton cercle et qui ne connaît pas ou n’a que peu de contacts avec la personne dont tu souhaites parler.

Ce qu’il ne faut pas faire

Tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec la question des consommations. Il y a des personnes qui ne peuvent pas entendre, comprendre, voire s’empêcher de juger. Aussi, en parler avec n’importe qui pourrait te causer des ennuis avec la Justice. Un interlocuteur désemparé face à ton histoire pourrait contacter la police en toute bonne foi pour qu’ils se chargent de t’aider… (Mauvaise idée : la police contrôle et réprime, sa vocation n’est pas d’aider.)
Parler de soi amène toujours un peu d’incertitude. Cela se traduit par de l’angoisse, due aussi à l’impossibilité de prévoir la réaction de la personne à laquelle tu t’adresses. On peut être déçu par la réponse de l’autre, ou avoir l’impression que la personne n’a pas compris l’importance de ce geste (le besoin d’en parler, la confiance que tu lui témoignais en te livrant à elle). On peut se sentir jugé.e et dévalorisé.e après avoir parlé… Dans ce cas, c’est l’indice que tu t’es trompé.e : la personne n’était pas à la hauteur de ce dont tu souhaitais parler. Dans ce cas, il ne sert à rien d’insister. Il se peut que tu aies (eu) une mauvaise expérience, mais ça ne doit pas t’empêcher de retenter ta chance… Auprès d’une personne de confiance ? !

Trouver une personne de confiance

Ahsan, 2014, IxellesSi tu es prêt.e à passer au-dessus de cette incertitude, nous te conseillons de réfléchir à ceci : à qui as-tu déjà confié des choses personnelles tout en te sentant bien compris.e ? Avec qui as-tu pu parler de choses délicates et puis te sentir mieux ? Et qu’en plus, la confiance entre vous deux est devenue encore plus forte ? Si tu as pu expérimenter auprès de quelqu’un un profond respect envers tes confidences, tu peux te dire que cette personne pourrait être la bonne. Et s’il s’agit d’un membre de ta famille proche, tant mieux. Dans le cas contraire, il vaut mieux chercher dans une autre direction.
Si tu ressens l’envie ou le besoin de parler à quelqu’un mais que tu ne trouves personne, il y a des gens dont le métier est d’écouter ce genre de confidences intimes. Des assistants sociaux et psychologues (en planning familial ou en centre de guidance) peuvent te recevoir et réfléchir avec toi à ce qui se passe. Nous avons des adresses et pouvons te renseigner. N’hésite surtout pas.

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6 questions déjà posées

  1. Sh

    Bonjour,

    Je me permets de vous écrire car mon compagnon se drogue depuis plusieurs années et il devient un danger pour lui-même et son entourage.
    Il refuse d’avouer qu’il a besoin d’aide et refuse aussi d’en parler, il nie en bloc, et ment ouvertement.
    quelles solutions pour qu’il se fasse aider par des spécialistes?
    Merci, bonne journée.

    Répondre
    1. Le Pélican

      Hello Sh,

      J’ai lu ton message avec attention  =)
      Tu me dis que ton compagnon consomme et que cette consommation devient problématique pour lui et son entourage (dont tu fais partie). Tu me transmets qu’en plus de cela, la communication est difficile et qu’il n’est pas dans l’optique de changer ce comportement. J’imagine que, en tant que compagne, tu dois ressentir de l’impuissance face à ces difficultés. Je comprends que tu veuilles l’aider et que tu t’inquiètes pour sa santé et les conséquences de son comportement sur sa vie quotidienne. Dans ta situation, l’aspect le plus délicat sont les difficultés de communication que tu exprimes autour de cette conso. Tu écris qu’il refuse d’en parler, qu’il nie en bloc et qu’il ment. Il ne semble pas prêt à modifier son comportement.
      Alors comment faire ? Prendre la décision de diminuer ou d’arrêter de consommer est un choix personnel. Si il n’a pas décidé que c’est le moment de faire quelque chose, les démarches que toi ou d’autres membres de l’entourage sont souvent vaines (prendre RDV pour lui quelque part, essayer de le convaincre d’aller voir quelqu’un…). Néanmoins, la présence et les efforts mis en place sont loin d’être inutiles. Tu ne peux pas prendre la décision à sa place, mais tu sais ce que toi tu ressens et les conséquences que cette situation a sur toi (tu t’inquiètes pour lui, tu es fatiguée, …). Tu peux lui faire part de tout ça. Tu peux parler de toi, parler en « je ». Souvent, une personne qui consomme peut se sentir jugée et stigmatisée par l’entourage, surtout quand celui-ci essaye de la convaincre ou lui donner des conseils sur comment agir. Par ce genre d’attitude, tu risques de le braquer ce qui peut-être contre productif.  En parlant calmement de toi, tu évites le jugement et tu transmets quand même ton inquiétude et l’impact que cela a dans ton quotidien. Décider de changer une consommation est un choix qui prend souvent du temps pour le consommateur (il est dépendant au produit, l’arrêt provoque un mal-être important, cela demande des efforts conséquents…) et ce temps on ne l’a pas toujours, d’autant plus que la consommation continue à détériorer la situation générale. C’est souvent frustrant. Je pense que dans cette situation, il est essentiel que tu puisses poser tes limites. C’est à dire, définir les moments où tu es disponible pour lui venir en aide et ceux où cela est « trop » pour toi. De cette manière, tu évites de t’épuiser et tu peux alors lui accorder une aide la plus juste possible.
      Si tu ressens le besoin de discuter de cela avec quelqu’un, tu peux nous joindre par téléphone. Nous (l’asbl Le Pélican) offrons la possibilité aux personnes proches d’un consommateur de venir pour avoir un espace de discussion libre avec un thérapeute. Tu peux nous appeler pour fixer un rendez-vous d’accueil gratuit. Si tu habites ailleurs qu’à Bruxelles en Belgique n’hésites pas de nous le faire savoir nous pouvons te renseigner d’autres centres dans ta région.
      Le Pélican : Permanence téléphonique de 9h à 17h, du lundi au vendredi aux numéros suivants  : 02/502.08.61 ou 0471/63.78.95
      Cordialement,
      L’équipe du Pélican
      Répondre
  2. Palo

    Bonjour,

    J’aimerai savoir où je pourrais faire un dépistage de drogues (cannabis) par quelqu’un de compétant et non par moi-même avec un test acheté en pharmacie.

    merci d’avance,

    Palo.

    Répondre
    1. Le Pélican

      Hello Palo,

      Chez n’importe quel médecin généraliste tu peux faire un dépistage de drogue. Essaie de trouver un médecin suffisamment ouvert sur la question de façon à te sentir à l’aise et en confiance 😉

      Nous te souhaitons une bonne journée,

      L’Equipe du Pélican

      Répondre
  3. Migmig

    Bonjour. Voilà j ai un énorme problem de consommation de cocaïne j ai déjà fais des centres. Mais la à l heure actuelle je n en px plus je sais MM plus qui je suis nis ce que je dois penser. M enfermer dans un centre ne sert à rien car je manipule et ment. A l heure actuel. Je vous envoi ce message car c est où je me tue ou je me tuée je supporte plus faire du mal au personnes que j aime

    Répondre
    1. Le Pélican

      Hello Migmig,

      Si tu te sens mal au point de penser au suicide ou même au point d’envisager de passer à l’acte, ne restes pas seul(e) avec ta détresse. Le risque, c’est de t y enfermer et de n’avoir plus aucun recul. Tu fais donc bien de chercher de l’aide. Nous entendons que tu es en ce moment dépassé par la situation et que tu as l’impression que tes précédentes démarches dans les centres n’ont pas eu l’effet que tu attendais. Mais cela ne veut pas dire que ça sera toujours comme ça et que ça ne sert à rien. Si tu reconnais déjà avoir menti ou manipulé dans le passé cela signifie sans doute que ça n’était pas le bon moment pour toi d’essayer d’arrêter ta consommation. Si tu le réalises peut-être que tu es prêt maintenant à ne plus agir de la sorte ? Nous comprenons que tu gardes un mauvais souvenir de tes cures mais ne penses pas que ça ne sert à rien car chaque cure est différente en fonction de l’endroit où tu vas mais aussi de l’état d’esprit dans lequel tu es.

      Quoi qu’il en soit si tu souffres autant à l’heure actuelle ne reste pas seul(e), des aides sont possibles ! BruxellesJ est un service d’information en ligne. Malheureusement nos réponses ne se font pas dans l’immédiat. Cependant nous pouvons envisager avec toi des solutions à ta portée pour que tu trouves au plus vite quelqu’un pour t’écouter.

      Car, oui, ce peut être difficile de partager ce que tu ressens avec quelqu’un c’est pourquoi il existe des lieux confidentiels, anonymes et d’accès gratuit où tu peux parler sans craindre d’être jugé(e).

      Quelqu’un peut t’écouter dans l’anonymat 24h/24:

      • au 0800.32.123, la ligne d’écoute du Centre de Prévention du Suicide
      • au 107, le service d’écoute téléphonique de Télé-Accueil

      Tu peux aussi échanger sur un forum d’entraide de prévention du suicide:
      http://www.preventionsuicide.be/view/fr/EspaceForum.html

      Tu peux être reçu(e) en consultation spécialisée:

      A Bruxelles:
      Cellule d’Intervention Psychologique de Crise du Centre de Prévention du Suicide: 0491.37.06.72 Secrétariat: 02.650.08.69 – http://www.preventionsuicide.be

      En Wallonie:
      Un pass dans l’impasse- Centre Wallon de Prévention du Suicide et d’Accompagnement: 081.777.150 – http://www.lesuicide.be

      Si tu as le sentiment d’être sur le point de te suicider, appelle le numéro d’urgence 112.

      Si tu préfères avoir directement en ligne quelqu’un de notre équipe tu peux nous contacter au 02/502.08.61 (Du lundi au vendredi de 9h à 16h).

      Nous espérons que tu trouveras l’aide dont tu as besoin. Nous espérons aussi avoir vite des nouvelles de toi !!

      Tiens-nous informés,

      L’Equipe du Pélican

      Répondre