Dossier Spécial ‘Le harcèlement’: l’avis du psy (rencontre avec JC MAES, asbl PREFER)

Marlene NUHAAN de Bruxelles-J a rencontré le pyschologue Jean-Claude MAES, Coordinateur de l’asbl PREFER et spécialiste en la matière. Nous publions un extrait de l’entretien ici:

Marlene: Bonjour Jean-Claude! Comment expliquerais-tu le phénomène du harcèlement?

JC : La vraie question posée par le harcèlement, ce n’est pas pourquoi un jeune homme ou une jeune fille se met à harceler et à faire preuve de violence morale vis-à-vis d’autrui, mais plutôt pourquoi la victime met-elle tellement de temps pour commencer à réagir et à se dérober ? On dirait qu’il faut que les choses aillent vraiment très loin pour que la victime se rende compte de ce dont elle est victime, et imagine de réagir. C’est en cela que la question du harcèlement moral recoupe la question des dérives de l’emprise.

M: Peut-on donc dire que la victime est sous une emprise?

JC : Oui. Et il y a en réalité deux types d’emprise : une emprise normale et une emprise déviante. La première constitue le lien et est naturelle, puisque l’être humain est un être grégaire, qu’il noue des liens avec ses semblables, et que la composante principale de ces liens, c’est l’emprise. Ce n’est donc pas l’emprise en elle-même qui pose problème, mais bien sa dérive qui rend le lien problématique, violent. Néanmoins, une série de questions autour de l’emprise et de ses dérives doivent être traitées afin de pouvoir lutter efficacement contre le harcèlement moral. Si on ne procède pas de cette façon, on donne de bons conseils aux gens, mais on ne les prémunit pas contre le fait de continuer à se laisser violenter, même si les formes prises par cette violence sont différentes.

M: Que se passe-t-il dans la tête des harceleurs?

JC: Il y a énormément de harceleurs qui portent plainte pour harcèlement contre leurs victimes. La victime commence à réagir, et à ce moment-là le harceleur dit que c’est lui qui est harcelé. Ce qui n’aide pas c’est qu’au niveau judiciaire, on parle là souvent de ‘conflit’ au lieu de ‘harcèlement’. Et du coup, souvent ces gens sont envoyés chez un médiateur. Mais là, le harceleur va instrumentaliser la médiation pour continuer à harceler sa victime en se servant du médiateur!

Pour lire la suite de l’article, clique ici : L’avis du psy: « Souvent, le harceleur est persuadé qu’il est harcelé lui-même (Jean-Claude MAES, PREFER asbl)

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