Dossier Spécial ‘Le harcèlement’ : Myriam Leroy l’a vécu et nous raconte son histoire

Myriam Leroy - ©Romain Garcin

Dans notre Dossier Spécial ‘Le harcèlement’, tu trouveras dès aujourd’hui un nouvel article: une rencontre avec Myriam Leroy, qui est entre autres journaliste à la RTBF. Elle a traversé un enfer de harcèlement depuis qu’elle est devenue connue, visible, et entendue à la radio.

Sandrine de Bruxelles-J l’a rencontrée:

Myriam Leroy est journaliste et chroniqueuse à la RTBF, autrice et romancière – elle écrit tant pour le théâtre que des romans. Son dernier roman ‘Les yeux rouges’ relate de la lente descente aux enfers de la narratrice victime de cyber-harcèlement. Ayant elle-même connu ce type de harcèlement, Bruxelles-J a voulu la rencontrer pour qu’elle nous partage son vécu qui démarre dès qu’elle a commencé à travailler.

Que veux-tu nous dire à propos du harcèlement que tu as vécu ?

ML : Je pense qu’il faut d’abord mettre un contexte socioprofessionnel car ce ne sont pas des incidents isolés. Le harcèlement fait partie d’une culture dans laquelle je baigne depuis que je travaille, donc depuis mes 22 ans. A partir du moment où j’ai commencé à faire du journalisme audiovisuel et à être reconnaissable, j’ai été emmerdée par ce que je pensais être des gens, sans prendre conscience que ce n’étaient pas ‘des gens’ mais des hommes à 99.9% des cas qui m’insultaient ou me draguaient de façon insistante et déplacée.

Au début, je pensais que c’était le risque du métier et que toute personne médiatisée s’y exposait. Je ne me rendais pas compte – car il n’y avait pas de partage d’expérience de femmes autour de cette thématique-là – que c’était extrêmement genré. Nos homologues masculins ne vivaient pas la même chose, ce qui est une partie du problème car du coup c’est une situation impartageable. Tes collègues ne te comprennent pas quand tu leur partages ton malaise face à un admirateur qui t’envoie un bouquet de fleurs chaque semaine. En soi c’est vrai, il n’y a pas mort d’homme mais il y a quelque chose qui au fil du temps instaure une sorte de crainte : tu sais que tu obsèdes quelqu’un.

Parallèlement, il y a les insultes fréquentes depuis que j’ai commencé à faire des chroniques à la radio. Au départ, je n’avais pas réalisé que 90% des insultes ne portaient pas sur ce que je disais, mais qu’elles visaient ce que je représentais, c’est-à-dire une nana qui sort des rôles traditionnellement dévolus au féminin, qui fait de l’humour, de la provoc, et qui ose aborder certains sujets. Voilà le contexte dans lequel je travaille depuis que je suis sur le marché du travail. C’est une première chose.

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